# Élever des enfants empathiques : comment apprendre aux enfants à donner développe l'intelligence émotionnelle

> Les enfants de moins de 2 ans sont déjà plus heureux quand ils donnent que quand ils reçoivent. La recherche montre comment le don développe l'empathie, le raisonnement moral et l'identité prosociale dès la petite enfance.

https://wishlybox.com/fr/blog/elever-des-enfants-empathiques-par-le-don · 2026-07-26

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La plupart des parents découvrent ce moment par hasard. Un tout-petit serrant un biscuit dans sa main le casse en deux et en offre un morceau à un frère ou une sœur, à un chien ou à un inconnu dans le bus. L'enfant rayonne. Pas parce qu'on lui a dit de partager, mais parce que quelque chose d'intérieur vient de se déclencher. Cet éclair de joie a un nom dans la littérature scientifique : le warm glow du don. Et selon les psychologues du développement, il apparaît bien plus tôt que quiconque ne l'imaginait.

## Des tout-petits qui donnent leurs friandises: et qui aiment ça

En 2012, les psychologues Lara Aknin, Kiley Hamlin et Elizabeth Dunn ont mené une expérience avec des enfants de moins de deux ans. Chaque tout-petit recevait un bol de petits gâteaux salés, une réserve personnelle qu'il appréciait clairement. Puis l'expérimentatrice introduisait une marionnette et demandait à l'enfant de donner l'un de ses gâteaux à la marionnette. ([Aknin, Hamlin & Dunn, 2012](https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0039211))

Le résultat était saisissant. Quand les enfants donnaient leurs propres friandises, ils montraient un bonheur plus grand, tel que codé par des évaluateurs indépendants à partir de vidéos, que lorsqu'ils en recevaient eux-mêmes. Point crucial : les scores de bonheur les plus élevés n'apparaissaient pas quand l'expérimentatrice donnait un gâteau à la marionnette depuis une réserve séparée, mais quand les enfants sacrifiaient un des leurs. Le don coûteux, même à 22 mois, produisait plus de joie que la réception gratuite.

Il ne s'agissait pas de générosité apprise. Ces tout-petits n'avaient reçu aucune leçon sur l'importance du partage. L'expérience suggérait quelque chose de plus fondamental : la récompense émotionnelle du don est présente avant même que l'éducation morale formelle ne commence.

Aknin et ses collègues ont ensuite élargi cette découverte avec des études couvrant divers contextes culturels, en testant des enfants aussi bien au Canada qu'au Vanuatu. Leurs résultats ont confirmé que cette tendance ne se limite pas aux échantillons occidentaux aisés, les enfants des deux sociétés montraient le même schéma. Le plaisir de donner semble être une ligne de base humaine, pas un produit culturel. ([Aknin, Broesch, Hamlin & Van de Vondervoort, 2015](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26030168/))

## Qu'est-ce qui prédit si un enfant va donner ?

Si le warm glow est inné, pourquoi certains enfants deviennent-ils des personnes généreuses et empathiques et d'autres non ? Une étude publiée dans *Frontiers in Psychology* a examiné 160 enfants à quatre et huit ans, mesurant leur volonté de donner des autocollants à un pair anonyme. ([Ongley, Nola & Malti, 2014](https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2014.00458/full))

Trois facteurs prédisaient le comportement de don, expliquant ensemble environ 26 % de la variance :

**L'âge.** Les enfants de huit ans donnaient significativement plus que ceux de quatre ans. Cela correspond à ce que les psychologues du développement appellent le passage de la pensée égocentrique à la pensée allocentrique, la capacité croissante d'imaginer ce dont une autre personne a besoin.

**Le raisonnement moral.** Les enfants capables d'expliquer pourquoi le partage est important (« parce qu'elle serait triste sans rien ») donnaient plus que ceux qui s'appuyaient sur un raisonnement fondé sur les règles (« parce que maman dit que je dois le faire »). La distinction clé était entre compréhension morale intériorisée et conformité imposée de l'extérieur.

**La sympathie, modulée par le genre.** La relation entre sympathie et don n'était pas uniforme. Les garçons obtenant des scores élevés en sympathie donnaient davantage, tandis que les filles ne montraient pas de relation similaire entre sympathie et niveaux de don, ce qui suggère que le chemin entre le ressenti et l'action peut être façonné par la socialisation dès le plus jeune âge.

Ce qu'il faut retenir pour les parents : la générosité n'est pas un trait unique que l'on possède ou non. C'est un composite, en partie développement cognitif, en partie sensibilité émotionnelle, en partie apprentissage social. Et ces trois dimensions peuvent être influencées.

## Les enfants prosociaux restent prosociaux

Une inquiétude fréquente chez les parents : « Mon enfant partage maintenant, mais est-ce que ça durera ? » La recherche longitudinale offre une réponse prudemment rassurante. Une étude suivant des enfants de quatre à six ans a trouvé une certaine stabilité dans le comportement de don, avec une corrélation de r = 0,24, une tendance dans la direction attendue, mais n'atteignant pas la significativité statistique conventionnelle (p = 0,084). Les enfants qui donnaient plus à quatre ans tendaient à donner plus à six ans. ([Miller et al., 2020](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7674169/))

Ce chiffre peut sembler faible, mais considérez ce qu'il signifie en contexte. Sur une période de deux ans qui inclut l'entrée à l'école, la création de nouvelles amitiés, la rencontre de dynamiques sociales entièrement nouvelles et un développement cognitif important, la tendance prosociale montre des signes de persistance. Les enfants qui pratiquent la générosité tôt semblent construire un schéma comportemental, plutôt que de faire un acte isolé.

## Le mécanisme de l'empathie

Pourquoi le don construit-il l'empathie plutôt que de simplement la refléter ? Plusieurs processus agissent ensemble :

**L'exercice de la prise de perspective.** Choisir un cadeau pour quelqu'un exige d'imaginer ce que cette personne veut, ce dont elle a besoin ou ce qui lui ferait plaisir, un exercice direct de théorie de l'esprit. Chaque fois qu'un enfant pense « Qu'est-ce qui plairait à Maya ? », il met en pratique les rouages cognitifs de l'empathie.

**Les boucles de rétroaction émotionnelle.** Quand un enfant donne quelque chose et voit la réaction authentique du destinataire, surprise, plaisir, gratitude, il vit une récompense sociale qui renforce le comportement. C'est du conditionnement classique dans son sens le plus positif : donner fait du bien parce que cela crée du lien.

**La formation de l'identité.** Les enfants qui donnent régulièrement commencent à intégrer la générosité dans leur image de soi. « Je suis quelqu'un qui partage » devient une partie de leur identité, ce qui en retour rend le don futur plus probable. Les psychologues du développement appellent cela l'effet d'identité prosociale, le comportement façonne l'image de soi, qui façonne le comportement futur.

**Le développement du raisonnement moral.** L'acte de décider quoi donner, combien et à qui sollicite les circuits du raisonnement moral. Est-ce que je donne mon jouet préféré ou celui avec lequel je ne joue pas ? Ce sont de véritables décisions éthiques, à l'échelle du monde d'un enfant.

## Ce que les parents peuvent concrètement faire

La recherche pointe vers des stratégies spécifiques et pratiques, pas des conseils vagues sur « enseigner la gentillesse ».

**Impliquez les enfants dans le choix des cadeaux.** Ne vous contentez pas d'écrire leur nom sur un cadeau que vous avez choisi. Laissez-les participer à la réflexion sur ce qui ferait plaisir à quelqu'un. Un enfant de cinq ans qui choisit un cadeau d'anniversaire pour un ami fait un vrai travail d'empathie, même s'il suggère d'offrir un dinosaure à son ami parce que *lui* aime les dinosaures.

**Rendez le don coûteux (à petite échelle).** L'étude d'Aknin a montré que le plus grand bonheur venait du fait de donner ses propres ressources, pas un surplus. Laissez les enfants donner des jouets avec lesquels ils jouent vraiment, pas seulement ceux qui sont cassés et destinés à la poubelle. Le sacrifice, proportionné à leur âge, est le terreau de la croissance émotionnelle.

**Adaptez le don au stade de développement.** Un enfant de deux ans peut partager un goûter. Un enfant de quatre ans peut aider à choisir un cadeau. Un enfant de six ans peut fabriquer quelque chose de ses mains. Un enfant de huit ans peut planifier une surprise. Augmenter progressivement la complexité des gestes de don reflète leur capacité cognitive croissante.

**Racontez la perspective du destinataire.** Après un don, aidez l'enfant à remarquer et à nommer ce qui s'est passé : « Tu as vu comme mamie a souri quand elle a ouvert ton dessin ? Elle avait l'air vraiment contente. Qu'est-ce que ça t'a fait ressentir ? » Ce lien explicite entre l'action et le résultat émotionnel renforce la boucle de rétroaction.

**Évitez le piège du matérialisme.** La recherche montre de manière constante que se focaliser sur la valeur monétaire des cadeaux sape le bénéfice prosocial. « Ça a coûté beaucoup d'argent » apprend aux enfants à évaluer les cadeaux au prix. « Tu as choisi ça parce que tu sais qu'elle adore les chevaux » leur apprend à évaluer les cadeaux à l'attention portée.

**Créez des rituels familiaux de don.** Des occasions régulières et prévisibles de générosité, une tradition d'anniversaire où l'on donne un jouet pour chaque année d'âge, un repas de fête préparé pour un voisin, une liste de souhaits familiale où chacun propose des idées pour les autres, normalisent le don comme faisant partie du quotidien plutôt que d'une performance réservée aux grandes occasions.

## La perspective d'ensemble

La recherche chez l'adulte sur le don et le bonheur est [remarquablement cohérente](/fr/blog/science-du-cadeau-et-du-bonheur) : dépenser aussi peu que 5 euros pour quelqu'un d'autre produit un regain de bonheur comparable à une augmentation significative de revenu. Ce que la littérature sur le développement de l'enfant ajoute, c'est une chronologie. Cette capacité ne s'apprend pas à l'âge adulte, elle est présente avant même qu'un enfant puisse former une phrase complète.

Chaque fois qu'un tout-petit partage un biscuit, qu'un enfant d'âge préscolaire emballe une carte faite main, ou qu'un écolier économise son argent de poche pour l'anniversaire d'un frère ou d'une sœur, il ne fait pas simplement « le gentil ». Il construit des voies neuronales pour l'empathie, pratique le raisonnement moral et forge une identité qui façonnera sa manière de naviguer dans les relations pendant des décennies.

La question pour les parents n'est pas de savoir si les enfants sont capables de générosité, la science est claire sur le fait qu'ils le sont, presque dès la naissance. La question est de savoir si nous créons suffisamment d'occasions pour qu'ils la pratiquent.

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**Lancez une tradition familiale de dons attentionnés.** [Créez une liste de souhaits familiale sur WishlyBox](https://app.wishlybox.com/register) où chaque membre, enfants compris, peut ajouter des idées, voir ce que les autres veulent et découvrir la joie d'offrir quelque chose de vraiment désiré.
